
Nicolas Leroy, président de l'Unep
Océane Meyer
La vision du marché de Nicolas Leroy
Fin 2025, le secteur affichait encore une croissance dynamique, mais plusieurs signaux appellent à la vigilance : impact du contexte électoral sur la commande publique, fragilité du marché immobilier et ralentissement de la consommation des ménages. L’activité marque donc le pas. En revanche, la demande de “reverdissement” et de renaturation des villes vient en partie compenser cette baisse. Pour 2026, le climat est donc plutôt à la prudence qu’à l’inquiétude : on parle davantage d’un ralentissement de la croissance que d’une récession.
Des difficultés liées à l’incertitude
Aujourd’hui, le point commun entre tous les dirigeants d’entreprise, quel que soit le secteur, c’est l’incertitude. On est sans cesse confrontés à des règles sociales et fiscales qui bougent, qui se discutent, qui changent parfois d’une semaine à l’autre, au rythme de l’actualité. Or, ce dont on a besoin, c’est de stabilité, de règles claires, fixées dans la durée, pour pouvoir construire un modèle économique solide et faire des prévisions sur le long terme. La réglementation évolue trop vite, de manière trop volatile, et c’est en décalage avec la capacité d’adaptation, du rythme économique des entreprises.
Une période de transition pour la filière paysage
Je reste convaincu que les enjeux sont avant tout des enjeux de filière. Il faut consolider toute la chaîne, notamment les producteurs de végétaux, il faut des paysagistes concepteurs qui prennent la main et renforcent leur rôle sur les marchés d’aménagements urbains ou d’espaces résidentiels et industriels. Parce que quand la conception reprend sa place, tout change : les règles du jeu, l’organisation des projets, le niveau d’exigence technique pour les entreprises comme les nôtres. Un équilibre des forces s’opère.