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Méthodes de gestion des renouées asiatiques

08 juin 2026
Forte de dix ans d’expérimentation, l’association SPIGEst partage les méthodes de contrôle les plus efficaces pour accompagner les communes dans une gestion raisonnée.
Renouées asiatiques : un nom qui fait souvent trembler tant cette plante est réputée pour sa vigueur. Forte de dix années d’expérimentation, l’association Synergie Plantes Invasives Grand Est (SPIGEst) diffuse aujourd’hui les méthodes de contrôle les plus efficaces pour accompagner les communes dans une gestion raisonnée.

« Il existe toujours une solution », introduit Mitra Tehranchi, chargée de projets Filières et Métiers chez Noremat et engagée au sein de l’association SPIGEst et complète : « Mais elle n’est jamais miracle ni unique. C’est toute la complexité du vivant. Les plantes invasives ne réagissent pas toujours comme on le souhaiterait. Leur gestion demande de la persévérance, l’application de protocoles rigoureux et un suivi attentif. Mais il ne faut pas se décourager : des solutions existent, c’est le premier message. » 
 
 
Association SPIGEst

Étapes préliminaires et indispensables à la gestion

Avant d’engager des actions concrètes, plusieurs étapes préparatoires sont indispensables à leur réussite. « Sans ce travail en amont, le risque est de se décourager, face à l’ampleur de la tâche ou à l’absence de résultats visibles », alerte Mitra Tehranchi.

La prévention constitue le premier levier d’action. Elle repose sur la formation des agents à la reconnaissance des plantes invasives, et sur une surveillance régulière du territoire. L’objectif est d’identifier la renouée dès son apparition afin d’endiguer au plus tôt sa propagation. « La présence de renouée sur le territoire implique une intervention, car elle ne restera pas dans son coin », souligne-t-elle. « C’est une plante conquérante, qui se propage facilement, par ses propres dynamiques mais aussi par le vent, l’eau et les activités humaines. »

La deuxième étape consiste à cartographier les foyers de renouée. « C’est un travail de fourmis, mais il est essentiel. Cette étape peut s’appuyer sur l’aide d’étudiants du territoire, lorsque cela est possible, ou sur l’implication des habitants via des chantiers participatifs », partage l’experte. L’enjeu est de prendre en compte l’ensemble des parcelles concernées, qu’elles soient communales ou privées, afin d’éviter des interventions partielles. « Les végétaux ne connaissent pas les limites administratives, et une gestion fragmentée s’avère souvent inefficace », rappelle-t-elle.

Cette cartographie permet ensuite de prioriser les interventions en fonction des enjeux du territoire — sécurité routière, sécurité piétonne, biodiversité, etc. — et des ressources humaines et financières de la Commune. « Le risque, si l’on agit un peu partout, est de ne jamais être réellement efficace », souligne Mitra Tehranchi. Une fois les zones d’intervention clairement identifiées, la gestion peut alors être engagée dans de bonnes conditions.
 
 

Objectif : épuisement puis restauration

« Pour la gestion des renouées, l’association SPIGEst a travaillé sur des méthodes dites durables, c’est-à-dire à la fois efficaces, facilement applicables sur le terrain, respectueuses de l’environnement, économiquement soutenables et socialement acceptables », précise la spécialiste.
 
Les trois méthodes développées par l’association reposent sur deux étapes successives et indissociables :
-l’épuisement des réserves rhizomiales de la renouée, sur une durée minimale de trois ans ;
-puis la restauration du milieu par la mise en place d’une concurrence végétale, avec semis d’essences locales.
« La renouée est tellement vigoureuse que si l’on tente de semer d’autres espèces alors qu’elle n’est pas suffisamment épuisée, elle reprend immédiatement le dessus. Une fois l’épuisement engagé, il est possible de laisser la végétation spontanée recoloniser le site, mais ce processus est plus long et le risque de retour de la renouée avant l’installation de la nouvelle végétation reste important », précise-t-elle.

Les trois méthodes de gestion raisonnée

Il s'agit du fauchage régulier, de l’écopâturage et du bâchage.
Chaque technique présente ses atouts et ses contraintes, selon les sites et les objectifs de gestion. Retrouvez les protocoles détaillés dans le numéro 132 (mars-avril 2026) des Cahiers du Tourisme et du Fleurissement. Demandez un exemplaire et abonnez-vous au magazine pour bénéficier d’un accompagnement technique sur les enjeux actuels des espaces verts.
 
Mitra Tehranchi alerte sur un dernier point : « Lorsqu’on applique une pression de gestion, la renouée a tendance à se “rebeller” la première année : elle produit davantage de tiges et de biomasse aérienne pour survivre. Certaines communes nous disent : “On a appliqué la méthode et c’est pire, donc on a tout arrêté”. Il ne faut surtout pas arrêter. Il faut persévérer pour atteindre l’épuisement. »
« Pour résumer, pour que cela fonctionne, le mot-clé reste la persévérance », conclut-elle. La réussite de la lutte contre les renouées asiatiques repose en effet sur une gestion inscrite dans la durée, associant l’épuisement progressif de la plante et une phase de restauration indispensable au retour d’un écosystème diversifié et fonctionnel.

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