Une pratique féminine stable mais encore des écarts de responsabilité
La part des pratiquantes atteint aujourd’hui 40 % dans les structures interrogées, un niveau relativement stable par rapport aux années précédentes. En revanche, la féminisation demeure beaucoup plus limitée dans les fonctions d’encadrement et de direction. Les femmes ne représentent que 11 % des dirigeants salariés, malgré une légère progression. Ce constat confirme que les enjeux d’égalité ne concernent pas uniquement l’accès à la pratique, mais aussi l’accès aux responsabilités et à l’emploi sportif.
Des initiatives de plus en plus structurées dans les clubs
Sur le terrain, les initiatives se structurent progressivement. Près d’une structure sur deux a désormais désigné un référent ou une référente « féminisation », chargé de coordonner les actions en faveur de l’égalité. Ces missions reposent cependant majoritairement sur des bénévoles, ce qui souligne l’importance d’un accompagnement et d’une montée en compétences de ces acteurs.
Les actions mises en place concernent principalement le développement de la pratique (88 %), mais aussi la gouvernance (34 %) et la formation (26 %). Les initiatives liées à l’emploi restent plus marginales, même si elles progressent.
Des freins persistants : charge mentale, stéréotypes et gouvernance
Malgré cette dynamique, plusieurs obstacles continuent de freiner la progression. La première difficulté tient aux contraintes de temps et à la charge mentale, qui limitent la disponibilité des femmes pour pratiquer ou s’engager dans la gouvernance associative.
Les structures évoquent également la difficulté à faire évoluer des organisations historiquement masculines, ainsi que le poids persistant des stéréotypes de genre, encore fortement associés à certaines disciplines sportives. Ces facteurs peuvent nourrir un sentiment d’illégitimité ou d’autocensure chez certaines femmes souhaitant accéder à des responsabilités.
Des leviers d’action pour les structures et les collectivités
Pour répondre à ces enjeux, plusieurs leviers sont identifiés : diversification des formats de pratique, organisation de journées de découverte, dispositifs de mentorat ou encore formations favorisant la prise de responsabilité des femmes. Le développement des compétences des encadrants sur les spécificités physiologiques féminines constitue également un axe de progrès.
La communication joue aussi un rôle central pour valoriser les parcours féminins et déconstruire les stéréotypes. Enfin, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles apparaît comme une condition essentielle pour garantir un environnement sportif sûr et attractif.